Bref historique
Initiée déjà avant l'ère chrétienne et affinée avec art à l'époque romaine, la viticulture genevoise a survécu à toutes les vicissitudes de l'histoire.
| Prospère au Moyen Age, sous l'influence grandissante des ordres monastiques, elle progresse jusqu'au XVIIIe siècle, lorsque d'importantes réformes sont apportées dans l'alignement des plantations, la culture et les sélections variétales. Victime du phylloxéra, qui s'étend à toute l'Europe continentale au XIXe siècle, le vignoble genevois n'échappe pas aux calamités qui se succèdent tout au long du premier tiers du XXe siècle. | ![]() |
Les efforts entrepris dès 1930 pour le relever, sont récompensés, dans les années 1970, par une forte expansion.
Premier canton suisse à introduire les Appellations d'Origine Contrôlée (A.O.C) en 1988, Genève est actuellement le troisième plus grand canton viticole de Suisse.
Depuis 1990, le vignoble genevois connaît une transformation importante. Par la diversification des cépages, l'utilisation d'un matériel de vinification moderne et des exigences de production toujours plus sévères, les vins de Genève ont atteint un niveau de perfection leur assurant un succès grandissant.
| "LA VOCATION INTERNATIONALE DU VIGNOBLE GENEVOIS La révolution tranquille qui à la fin du XXème siècle aura marqué la vie du vignoble genevois, a puisé son inspiration dans la gastronomie. Un peu partout naissaient des restaurants confiés à des chefs jeunes, séduits par les nouvelles tendances culinaires, pour le plus grand bonheur des gourmets. Dans le même temps, le vignoble genevois tombait entre les mains d’une génération nouvelle, formée aux techniques modernes de viticulture. Ce vignoble sut alors se convertir à la culture de cépages diversifiés, sortant de l’habituel tandem chasselas-gamay, pour aborder d’autres rivages qui s’appelèrent progressivement pinot noir, merlot, cabernet sauvignon ou franc, gamaret ou garanoir et syrah pour les vins rouges ; aligoté, chardonnay, findling, gewurztraminer, kerner, muscat, pinot blanc et gris, riesling, sauvignon, scheurebe ou viognier pour les vins blancs. Cette variété remarquable pour un vignoble aussi exigu, apporta donc à la haute gastronomie les breuvages d’accompagnement qu’elle souhaitait, mais elle fit mieux encore. Par sa seule nature elle adapta la production genevoise à des cuisines étrangères avec un bonheur rarement égalé. Des cuisines aussi subtiles que les asiatiques, chinoises en tête ou japonaises et indiennes, comme les cuisines maghrébines ou moyen orientales se trouvèrent fort bien du compagnonnage de vins rosés issus de gamay ou pinot noir. La gamme quasi infinie des vins blancs entraîna bien des mariages heureux, avec les poissons de mer ou d’eau douce, comme on finit par s’apercevoir que les fromages d’alpages les épousaient avec enthousiasme. De son côté la gamme des vins rouges réussissait tout aussi bien avec les cuisines parfois puissantes inspirées d’Italie ou d’Espagne, y compris avec les divers gibiers dont raffolent les gourmets genevois. Comme Genève finalement, les produits du vignoble genevois peuvent revendiquer une vocation internationale que personne ne songera sérieusement à contester." Jean LAMOTTE, critique gastronome |




