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Qualité de l'air 2011 : un état des lieux de la pollution atmosphérique à Genève (publié le 21.06.2012)

Le rapport «Qualité de l’air 2011», disponible sur le site www.ge.ch/air , présente un état des lieux détaillé de la pollution atmosphérique dans le canton de Genève durant l'année écoulée et son évolution récente. Les données compilées indiquent que les niveaux de pollution mesurés en 2011 se situent légèrement au-dessus des valeurs enregistrées de 2010, en raison notamment d'une météorologie défavorable. Ce constat s'applique en particulier aux particules fines (PM10). Les concentrations de plusieurs polluants de l'air dépassent les limites fixées par la loi, notamment dans le centre ville. Afin d'agir à la source de ces nuisances, des actions sur le long terme sont conduites par les collectivités publiques du canton, notamment dans le domaine de l'énergie, de la mobilité ou de l'aménagement du territoire.

De faibles écarts par rapport à la moyenne

Comme chaque année, l'Etat de Genève établit une image détaillée de la pollution atmosphérique de l'année écoulée et de son évolution sur les vingt dernières années. Cette synthèse est tirée des données collectées quotidiennement par un réseau de points de mesures répartis sur tout le canton. Les résultats obtenus sont présentés dans le rapport "Qualité de l'air 2011", disponible sur le site Internet du SPAir à l'adresse www.ge.ch/air.

Ce document indique que plusieurs polluants - le dioxyde d'azote (NO2), l'ozone (O3) et les particules fines (PM10) - présentent des concentrations qui dépassent les valeurs limites d'immissions fixées par l'ordonnance sur la protection de l'air (VLI OPair). Bien que les données se situent dans la moyenne observée depuis le début des années 2000, les niveaux de pollution mesurés en 2011 tendent à s'établir légèrement au-dessus des valeurs de 2010, notamment pour ce qui concerne les particules fines.

Cette situation s'explique par l'occurrence de plusieurs épisodes météorologiques qui ont entraîné une accumulation des polluants émis dans le bassin genevois. En effet, les processus de combustion (véhicules motorisés, chauffages, etc.) de l'agglomération jouent un rôle important en matière de pollution de l'air. En temps normal, celle-ci est diluée dans l'atmosphère ou déposée par les précipitations. Il suffit cependant qu'une situation météorologique défavorable s'installe pour que cet effet de dilution s'enraye, provoquant une élévation des concentrations.

Agir à chaque échelle

Afin d'agir à l'origine de cette nuisance, des actions de long terme sont conduites par les collectivités publiques du canton de Genève en ciblant la source des émissions de polluants. C'est cette approche qui est suivie par le "Plan de mesures de l'assainissement de l'air" (Plan OPair) - prolongé par le Conseil d'Etat jusqu'en 2012 - qui rassemble toutes les actions en cours à Genève dans ce domaine. Elle sera encore renforcée grâce à l'adoption en février dernier du nouveau règlement sur la protection de l'air. Ce texte de loi vise en effet à établir une stratégie cantonale de protection de l'air avec une approche volontaire notamment en matière de mobilité, d'énergie, d'aménagement du territoire ou encore de sensibilisation de la population.

Par ailleurs, chacun peut contribuer à améliorer la qualité de l'air. Ainsi, privilégier la mobilité douce ou les transports publics, faire régler son chauffage ou encore tenir compte de l'énergie grise des produits consommés sont autant d'actions qui permettent, à son échelle, d'agir en faveur d'un air plus sain.

Les polluants de l'air en 2011

Le dioxyde d’azote (NO2) est principalement émis par les transports routiers et aériens, ainsi que les installations industrielles, artisanales et de chauffage. En 2011, la zone à immissions excessives persiste principalement au centre de l'agglomération genevoise.

L’ozone (O3) se forme surtout l'été à partir d’oxydes d’azote (NOX) et de composés organiques volatils (COV), sous l’action du rayonnement solaire. Des dépassements de la VLI OPair horaire ont été enregistrés sur tout le territoire genevois. Les conditions exceptionnelles de chaleur et d'ensoleillement du printemps et de l'automne 2011 ont engendré une hausse des niveaux d'ozone durant ces périodes. Les conditions météorologiques estivales ont cependant été peu propices à la formation de ce polluant, permettant ainsi de réduire l'ampleur des pics d'ozone. Le bilan s'avère donc nuancé : si les dépassements de la VLI pour ce polluant ont été plus nombreux qu'en 2010, leur intensité s'est avérée moins importante.

Les particules fines (PM10) sont constituées de poussières ayant un diamètre inférieur à 10 micromètres (0.01 mm). Elles proviennent de processus de combustion (trafic routier, chauffage, incinération des déchets, …), de certaines exploitations industrielles ou encore de phénomènes d'abrasion (usure des pneumatiques). Les périodes anticycloniques et d'inversion de température du début et de la fin d'année ont favorisé l'accumulation de particules fines dans l'atmosphère, entraînant des concentrations légèrement plus élevées qu'en 2010.

Illustration

L'analyse des concentrations de métaux lourds (Pb, Cd) dans les PM10 révèle que, sur ce plan, les VLI OPair sont respectées sans exception.

Parmi les autres polluants mesurés, le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre (SO2) et les retombées de poussières respectent les VLI OPair et cela depuis plus d'une dizaine d'années. Enfin, toutes les VLI OPair concernant les métaux lourds (Pb, Cd, Zn, Tl) dans les retombées de poussières sont respectées en 2011 comme c'est le cas depuis de nombreuses années.

> Rapport « Qualité de l’air 2011 » (Pdf | 3.83 Mo)

Pollution de l'air estivale : activation du Plan Ozone 2012

L'ozone est le principal composant de ce que l'on appelle le smog estival. La formation de ce gaz est accrue pendant les beaux jours : il a besoin du rayonnement solaire pour se constituer à partir des oxydes d'azote - issus de la combustion, et en particulier des moteurs des véhicules - et des composés organiques volatils (les solvants).

Il peut alors devenir une menace pour notre santé : l'ozone réduit nos capacités respiratoires, irrite les muqueuses et entraîne une hausse des maladies des voies respiratoires. Pour la partie plus fragile de la population - les enfants, personnes âgées ou ayant des troubles respiratoires, tel l'asthme - une hausse des taux d'ozone nécessite une vigilance accrue.

Compte tenu de ces effets indésirables, le Conseil d'Etat a adopté en 2004 un Plan Ozone reconduit annuellement, qui a été révisé en 2010. Celui-ci prévoit des mesures en vigueur de fin mai à fin septembre dans notre canton. Une attention particulière est apportée à l'information, notamment pour permettre aux personnes les plus fragiles d'évaluer au mieux le risque lié à l'ozone. Ainsi, les données concernant la pollution de l'air à Genève sont régulièrement mises à jour sur le site Internet du service de protection de l'air genevois (www.ge.ch/air) tandis que la ligne Info-Service (T 022 546 76 00) répond aux questions de la population.

Pour tout complément d'information :
M. Benoît Lazzarotto, responsable du réseau d'observation de la pollution de l'air à Genève (ROPAG), service de protection de l'air (SPAir).Tél : +41 (0)79.248.64.26