01. La chaîne du pénal
| L’archive judiciaire est la mémoire institutionnelle de maintes vies fragiles comme en témoignent les « testaments de mort » dictés à un greffier sur le seuil de l’échafaud par des condamnés à la peine capitale. Des existences précaires qu’évoquent la violence du crime, son cortège de souffrances physique et morale, selon les milliers de pages de plaintes individuelles, de témoignages assermentés et de rapports médico-légaux. S’y ajoute la sévérité du châtiment, corporel ou d’élimination sociale comme la peine capitale et le bannissement. Les existences et les voix du passé sont tirées de l’oubli des temps… par la chaîne du pénal. |
Samuel de RAMERU, Allégorie de la justice, vers 1652
Près de la Halle aux grains (devenue plus tard Arsenal, puis Archives d’Etat) et de la Maison de ville dont on aperçoit le tribunal, la justice distributive en majesté – les yeux ouverts – brandit de la main droite le glaive de la chaîne du pénal pour la punition des méchants et tient de la main gauche la balance avec la pesante règle de l’équité. Les « fruits de la justice » – abondance, richesse, harmonie sociale, paix – iront aux « bons ».

Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève, huile sur toile, 131.5×193 cm, inv. n° N 501 (photo Yves Siza)
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