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12. Commémorations II

Commémorations et folklore, XIXe et XXe

La commémoration officielle du 12 décembre 1602 est à nouveau supprimée dès 1798. Pourtant, pendant toute la première moitié du XIXe siècle, la tradition populaire de fêter l'Escalade subsiste, sous la forme de repas de famille et dans les déguisements des enfants. Enfin, on assiste à une production florissante de nouveaux chants sur la fameuse nuit. Mais ni culte commémoratif, ni cortège officiel : il faut être attentif à ne pas blesser les nouveaux citoyens catholiques des communes réunies au canton de Genève après 1815.

Pourtant, tout une partie de la population genevoise souhaite ardemment redonner à la fête une dimension patriotique : dès 1855, le pasteur J. Gaberel propose une série de conférences sur l'Escalade, en 1867 et 1868, un grand cortège est organisé. La tradition du bris de la marmite date de la même époque. Les aspects de la commémoration se concrétisent encore par l'installation de deux monuments : une fontaine au bas de la rue de la Cité en 1853, et une stèle funéraire dans le temple de Saint-Gervais.

1. Stèle de marbre noir du maître maçon Jéquier, installée en 1896 dans le temple de Saint-Gervais, à la mémoire des victimes de l'Escalade. Le culte des héros de l'Escalade est désormais institutionnalisé (CIG VG, fonds Georges : neg; photographe : M. Delley, 1985).

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Stèle

Les témoignages littéraires, aussi bien dans un genre grandiloquent et soucieux de patriotisme que dans le registre de la dérision ou de la satire, abondent dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

2. Petit florilège de publications et recueil manuscrit de chansons.

3. L'Escalade, depuis toujours, se fête en famille, déguisés ou non ! (AEG, Archives de famille, 1ère série Favre, n° 56).

4. Toujours soucieuses de ménager les susceptibilités, les autorités genevoises ont adopté dès 1877 un règlement de police interdisant les déguisements sur la voie publique. Toujours en vigueur, il est temporairement abrogé pendant les fêtes de l'Escalade pour les citoyens de moins de 12 ans, mais heureusement cette interdiction n'est pas appliquée à la lettre… (AEG, Archives privées 207.1.49).

Parmi les sociétés les plus actives sur la place en matière de festivités de l'Escalade, la Société de Zofingue, "société universitaire et patriotique", se distingue particulièrement, depuis sa création en 1823 :

5. Manuscrit d'une "Chronique de la Mère Royaume" pour la fête de 1874, avec la partition de la chanson (AEG, Archives privées 192, coll. Covelle, n° 6).

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6. Bon pour le banquet de l'Escalade, 1910 (AEG, Archives privées 192).

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7. Menu d'Escalade 1913 (AEG, Archives privées 192).

En 1898, un groupe de citoyens genevois, ayant à coeur de rendre une certaine tenue à la fête devenue une forme de carnaval, créent l'"Association patriotique genevoise pour la rénovation de l'Escalade". Celle-ci se donne pour principal objectif la commémoration du trois centième anniversaire de 1902. Ces festivités, accompagnées d'un culte et d'un grand cortège historique, ancrent définitivement la tradition commémorative de l'Escalade dans la cité.

De nos jours, la Compagnie de 1602, fondée en 1926, orchestre la fête, devenue l'événement fondateur du patriotisme genevois. A partir du milieu des années 1950, son caractère religieux et politique s'estompe, au profit d'une journée de liesse populaire - et sportive - (voir vitrines 20 et 21) qui s'inscrit dans un mouvement général de besoin d'identification régionale.

8. Album de photographies du cortège du printemps 1903. La manifestation de 1902 avait été repoussée en raison des troubles dus à la grève d'octobre de la même année. Le report de la date permit de mettre l'accent sur la commémoration du Traité de Saint-Julien de juillet 1603 (AEG, rés. 3310/56).

9. Menu du repas de l'Escalade du Touring Club suisse, 1971 (AEG, Archives privées 207.1.44).

10. Commémoration et actualité politique : à l'issue de son élection à la présidence de la Confédération pour 1999, le 10 décembre 1998, la conseillère fédérale Ruth Dreifuss brise la marmite apportée par les autorités genevoises (Chancellerie d'Etat de Genève, Service du Protocole).

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Vignette de la gravure attribuée à F. Diodati, vers 1667

Pastiches

11. Numéro du 12 décembre 1957 de la Tribune de Genève (AEG, 86/Eh/19).

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12. Pastiche du récit de l'Escalade par Paul Chaponnière, 1934 (AEG, Archives privées 207.1.35).

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13. Tribune de Genève, 10-11 décembre 1955 (id.).

14. Construire, 8 décembre 1965 (Id.).

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