02. La République de Genève : ressort judiciaire
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Pays de droit écrit que cadrent le jus romanum et la jurisprudence des Etats absolutistes, la République durant les 262 années de l’Ancien Régime et de la Révolution est pénalement souveraine (1536-1798). Le Tribunal du lieutenant avec ses quatre auditeurs remplace en 1529 la cour du vidomne (magistrat épiscopal). Avec le procureur général qui depuis 1534 représente le Ministère public, la justice rendue en son ressort est sans appel et repose sur le paragraphe de 37 lignes et les 19 articles du titre XII des Edits civils de la République de Genève de 1568 (dont impression en 1707, 1713, 1735, 1782). Les Edits politiques de 1568 assurent le monopole pénal du Petit Conseil composé de 28 magistrats, cooptés en Conseil des CC. Aux 4 syndics élus pour une année, s’ajoutent 21 conseillers ad vitam, deux secrétaires d’Etat, un lieutenant de Justice et de Police (13 conseillers pour la justice). La grâce revient au Conseil des CC. A la campagne, l’instruction criminelle incombe au Châtelain qui y représente le Petit Conseil. S’y ajoute la pratique pénale des 20 000 procès criminels ouverts sous l’Ancien Régime. En Europe continentale, depuis la fin du Moyen Age, la procédure judiciaire est inquisitoire car elle est écrite, secrète et basée sur l’usage de la torture pour produire l’aveu de l’incriminé. Instruite sous l’autorité de l’auditeur et du Petit Conseil, reposant sur la torture jusqu’en 1738, la procédure inquisitoire de Genève ne serait que – selon le juriste Jean-Pierre Sartoris (1706-1780) – l’« élixir très réduit […] de l’Ordonnance [criminelle] de France de 1670 ». | |||
Cesare CAPRANICA, La cita di Ginevra, 1597
République souveraine depuis 1534, « Rome protestante » (1536) dominée par son temple, Genève exerce le droit de punir en son ressort urbain et rural. Potences et roue : le lieu patibulaire domine la cité puisque chaque justiciable doit vivre dans le respect des lois.
BGE, Centre d’iconographie genevoise, gravure, 42 x 55.3 cm, 16 M O2 (photo Nicolas Crispini)
Plan de la ville de Genève, dédié aux magnifiques et très honorés seigneurs, syndics et conseil de la ville et République de Genève, par leur très Humble et très obéissant serviteur C.B. Glot, 1777, corrigé sur les lieux en 1793 par M. Meyer.
A la lisière des Alpes et du Jura, au bout du Léman, à la jonction du Rhône et de l’Arve, entourée de son mandement rural, la cité-Etat de Genève est un carrefour de routes et d’échanges qui jalonnent l’Europe du nord au sud, d’est en ouest. Ses fortifications étoilées inscrivent dans le territoire sa souveraineté politique de République.
AEG, Archives privées 247/5/22
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