Le Bief du Moulin de la Grave (publié le 18.10.2007)
Enterré pendant près d'un demi siècle, le Bief du Moulin de la Grave, un affluent de la Laire, a retrouvé son tracé historique sur 420 mètres grâce au programme de renaturation des cours d'eau.
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| Bief du Moulin de la Grave vue avant travaux | Vue après travaux |
Situé sur la commune d'Avusy, le Bief du Moulin de la Grave, d'une longueur totale de 3.5 km, est composé de trois bras qui s'écoulaient à l'origine, à travers champs et cordons boisés vers le vallon de la Laire, site alluvial classé d'importance nationale d'une richesse biologique rare.
C'est pour préserver ce paysage unique que le canton de Genève s'est associé en 2003 au contrat de rivières transfrontalier du Genevois, avec pour objectif d'assainir la situation de la Laire des deux côtés de la frontière. La renaturation du Bief s'inscrit dans cette dynamique transfrontalière de sauvetage de nos cours d'eau, avec d'une part la remise à ciel ouvert sur 420 mètres, d'un des bras du cours d'eau depuis la route du Creux-du-Loup jusqu'au périmètre classé du vallon, et d'autre part la reconnexion avec la Laire grâce à la suppression du seuil naturel infranchissable pour la faune aquatique.
Mis sous tuyau sur près de 3 km il y a une cinquantaine d'années pour gagner des terres agricoles et nourrir la population, ce cours d'eau ne pouvait être renaturé sans le soutien des agriculteurs concernés, et la prise en compte de leurs besoins légitimes. Et c'est ce qui a été fait avec notamment la réalisation d'un plan d'eau qui permettra d'irriguer les cultures en période d'étiage, sans mettre en péril les débits du cours d'eau.
L'inauguration de la remise à ciel ouvert du Bief qui alimentait autrefois un moulin, s'est déroulée en présence des autorités communales d'Avusy et de Robert Cramer, conseiller d'Etat en charge du département du territoire. Le magistrat a remercié à cette occasion la commune d'Avusy de son fort engagement pour la sauvegarde du site naturel transfrontalier du vallon de la Laire*. Il a également rappelé le triple objectif poursuivi par le programme de renaturation des cours d'eau du canton de Genève, mis en œuvre il y a tout juste 10 ans : la réhabilitation des paysages et des biotopes, l'amélioration de la qualité de l'eau, la gestion de l'hydraulicité de façon à protéger les personnes et les biens contre les inondations.
En l'occurrence, si les objectifs poursuivis dans ce projet du Bief du Moulin de la Grave sont essentiellement paysager et agricole, le programme cantonal de renaturation des cours d'eau intègre également ceux liés à la protection des personnes et des biens contre les risques liés aux crues. Ainsi, les travaux menés sur la Drize à Grange-Collomb (Lancy-Carouge en 2004) et sur la Versoix (entre le pont de la route de Suisse et le pont du chemin de fer en 2005) ont permis de faire passer ces secteurs d'une zone de "danger moyen" à une zone de "danger résiduel" c'est-à-dire de non danger en terme d'inondation. Sur l'Aire, la deuxième étape majeure de la renaturation du cours d'eau initiée en 2002, vient de commencer par la reconstruction du pont de Lully. Ces travaux permettront de remplacer les mesures urgentes prises en 2003 à la suite des inondations de novembre 2002, et de sécuriser durablement les habitants de Lully.
Voir aussi la FAO sur le sujet
Pour toute information:
Alexandre Wisard, directeur du service de renaturation des cours d'eau (DT).
Tél. 022 327 70 84.
www.geneve.ch/eau/ rubrique information eau / renaturation / projets
*La Laire est un bel exemple de site uni au niveau naturel mais séparé par une frontière pour lequel les communes frontalières jouent un rôle central. Propriétaire de terrains sur le site de la Repentance (site protégé du vallon situé sur la rive française), la commune d'Avusy a fait tout récemment (le 16 octobre 2007) un pas historique au niveau foncier. En cédant à la commune française de Viry 4444 m2, une situation a pu être débloquée avec un propriétaire privé qui du coup, a été d'accord de céder 4 hectares (40'000 m2) à la collectivité française. Et grâce à ces derniers, c'est 20 hectares d'espaces naturels de haute valeur du vallon de la Laire qui pourront être gérés de manière cohérente et concertée de part et d'autre de la frontière !




