Chenilles processionnaires du chêne et du pin (publié le 05.04.2007)

Chaque année, la population du canton de Genève se trouve confrontée aux risques d'irritation cutanée posés par les poils urticants de deux espèces de chenilles : la chenille processionnaire du chêne et celle du pin. Pour des raisons de santé, en ville comme en campagne, évitez de vous tenir sous un chêne ou un pin pendant la période printanière et estivale.
La chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionnea L.) :
Le chêne est un arbre remarquable typique de notre région, que l'on retrouve en ville comme en campagne, le long des allées, dans les parcs et naturellement dans la quasi totalité de nos forêts. Il est donc impératif de prendre des précautions afin d'éviter tout contact avec les poils urticants.
Evolution biologique
Les papillons nocturnes volent de fin juillet à mi-août. Après l'accouplement, les femelles pondent leurs œufs sur de fines branches à la cime des arbres. L'éclosion a lieu en avril. Pendant la nuit, les chenilles se dirigent en procession vers les extrémités des rameaux pour se nourrir de feuilles. De jour, elles confectionnent un tissage dans lequel elles pourront s'abriter. En été, vers la fin du stade larvaire, les chenilles tissent un nid plus grand et plus résistant qui se plaque contre le tronc et les branches maîtresses de l'arbre. Ce nid contient les chrysalides. C'est entre la fin du mois de mai et l'été que les chenilles se métamorphosent en papillons inoffensifs.
Impact
On observe depuis quelques années une augmentation de la population de chenilles processionnaires. Ces augmentations cycliques sont des processus naturels contre lesquels il est difficile de lutter, les nids étant peu ou pas visibles. C'est surtout lorsque les chenilles quittent le nid que les problèmes apparaissent avec la dispersion des poils urticants. Avec la pluie, habituellement fréquente à cette époque, les poils sont rapidement dispersés et ne posent pas ou peu de problèmes. Mais avec l'absence de pluie et les fortes températures des derniers printemps, la période de métamorphose peut varier d'une année à l'autre et les poils urticants peuvent persister.
Prévention
Nous recommandons à la population genevoise et en particulier aux enfants d'éviter de séjourner sur le sol au pied des chênes et des pins. Le contact des poils avec la peau peut entraîner des irritations et des démangeaisons plus ou moins intenses et celui avec les muqueuses ou les yeux, des lésions irritatives parfois sévères. En cas d'irritation importante, il est recommandé de consulter un médecin. Les animaux domestiques peuvent également être touchés.
Lutte
Il est difficile de lutter contre la chenille processionnaire, particulièrement celle du chêne. En effet, les nids tissés sont peu voire pas visibles, car situés en hauteur et souvent à l'intersection d'une branche charpentière. Toutefois, des traitements (biologiques) au stade de larve jusqu'à l'éclosion effectués au canon à traiter peuvent limiter la densité du parasite. Des tests de projection d'eau à haute pression afin de " neutraliser " les poils urticants on été entrepris sans grande réussite.
Les propriétaires sont responsables de l'état sanitaire de leurs arbres. Il est recommandé de faire appel à des entreprises forestières d'échenillage ou d'élagage pour enlever les nids durant la saison morte. En intervenant plus tôt, les pontes et les pré-nids peuvent également être prélevés et de ce fait limiter les risques de dispersion des poils.
La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) :
Si le pin n'est pas un arbre aussi fréquent que le chêne dans notre région, il est toutefois important de connaître les effets de la processionnaire du pin.
Evolution biologique
Le cycle biologique de la chenille processionnaire du pin comporte une phase aérienne (œuf, larve et papillon) et une phase souterraine (nymphe). Les périodes d'accouplement et de ponte se déroulent, de manière générale, en juillet. Après 30 à 45 jours, les larves sortent et construisent des nids aux extrémités des branches.
La procession des larves a lieu à la fin de l'hiver et au début du printemps. La colonie descend le long du tronc, et part à la recherche d'un site convenable pour creuser sous terre et s'y métamorphoser (environ 10 cm de profondeur).
Pour l'impact, la prévention et la lutte, voir chenille processionnaire du chêne.
Pour toute information :
Nicolas Hasler, responsable de la conservation du patrimoine arboré, Domaine Nature et Paysage (DT) tél. +41 22 388 55 14.
Philippe Sudre, médecin cantonal délégué, Direction générale de la santé (DES)
tél. +41 22 839 99 13.




