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UNHCR

Le Département du territoire a décidé de dédier la cuvée 2006 de la vigne des Nations du Vignoble de l’Etat à l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, en témoignage de reconnaissance de la République et canton de Genève à l’action humanitaire de cette organisation en faveur des réfugiés.

La mission du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est d’assurer protection et assistance aux réfugiés dans le monde. Créé par l’Assemblée générale des Nations Unies et basé à Genève, le HCR entre en fonction en 1951, initialement pour venir en aide à plus d’un million de réfugiés européens au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Mais le nombre de personnes déracinées dans le monde augmentant au cours des décennies qui suivent, son mandat est reconduit tous les cinq ans. En décembre 2003, l’Assemblée générale des Nations Unies décide de lever la restriction portant sur la durée du mandat du Haut Commissariat. En 2005, le nombre de personnes relevant de la compétence du HCR était de 19,2 millions dans le monde, ce qui représente une augmentation de 13% par rapport à l’année précédente, qui en comptait 17 millions de personnes. Cette hausse est principalement liée à l’augmentation du nombre de deux catégories de personnes auxquelles le HCR vient également en aide : les déplacés internes et les apatrides. 

Les personnes relevant de la compétence du HCR incluent non seulement des réfugiés mais aussi d’autres groupes tels que des demandeurs d’asile, des rapatriés, des apatrides et une partie des quelque 25 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et plus connues sous le nom de “déplacés internes”. Le nombre total de déracinés dans le monde, englobant tant ceux qui sont sous la protection du HCR que ceux qui ne relèvent pas directement de son mandat, est de plus de 40 millions – soit un individu sur 136 habitants de la planète.

Depuis sa création, le HCR a aidé plus de 50 millions de personnes à reconstruire leur vie, ce qui lui a valu de recevoir, par deux fois, le prix Nobel de la paix – en 1954 et en 1981.

L’actuel Haut Commissaire pour les réfugiés est Monsieur António Guterres, ancien Premier Ministre du Portugal, qui est entré en fonction le 15 juin 2005, devenant ainsi le dixième Haut Commissaire de l’agence pour les réfugiés. Chaque année, le Haut Commissaire doit présenter au Conseil économique et social un rapport verbal sur les questions de coordination relatives au travail du HCR et rendre compte, par écrit, à l’Assemblée générale de l’ensemble des activités du Haut Commissariat. Les programmes du HCR sont approuvés et suivis par son Comité exécutif, actuellement composé de 68 pays membres.

Est un réfugié, relevant du mandat du HCR, “une personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays”. Des instruments régionaux tels que la Convention de l’Organisation de l’unité africaine sur les réfugiés de 1969 et la Déclaration de Carthagène de 1984 signée par les pays d’Amérique latine, ont élargi cette définition aux personnes chassées de chez elles par la guerre ou par un conflit interne.

La responsabilité première du HCR, la “protection internationale” des réfugiés, est de veiller à ce que les droits fondamentaux des réfugiés soient respectés, notamment leur droit de demander l’asile, et de veiller à ce que nul(le) ne soit renvoyé(e) contre son gré dans un pays où il/elle craint, avec raison, d’être persécuté(e). L’organisation encourage l’adoption et l’application des instruments internationaux en matière de réfugiés et veille à ce que les gouvernements respectent le droit international. Le HCR dispense également une aide matérielle et fournit des vivres, de l’eau potable, des abris et des soins médicaux aux civils contraints à l’exil.

Le HCR s’emploie aussi à rechercher l’une trois options durables suivantes pour les réfugiés. Le rapatriement volontaire dans leur pays ou région d’origine est la solution privilégiée pour la majorité des réfugiés mais n’est pas toujours possible. Le HCR doit alors les aider à commencer une nouvelle vie ailleurs, soit dans le premier pays d’asile, soit dans un pays tiers qui accepte de les accueillir en vue d’une réinstallation.

Le HCR est aussi régulièrement sollicité par le Secrétaire général des Nations Unies pour venir en aide à des groupes de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, leur nombre ayant considérablement augmenté depuis la fin de la guerre froide en raison de la prolifération des guerres civiles et des conflits ethniques dans le monde.

Les déplacés internes n’ont pas franchi de frontières internationales et ne sont pas protégés par les mêmes conventions internationales que les réfugiés. Pourtant, leur sort et leurs souffrances sont souvent identiques, et une intervention coordonnée apparaît généralement comme la solution la plus adaptée et la plus évidente. Ceci est particulièrement vrai lors d’opérations de rapatriement, quand les déplacés se trouvent dans la même zone géographique que les réfugiés rapatriés et qu’ils ont pratiquement les mêmes besoins qu’eux en termes d’aide humanitaire. A la fin 2005, les Nations Unies et les autres agences spécialisées sont tombées d’accord pour adopter une approche à la fois mieux concertée et plus globale afin de traiter la question des civils déplacés. Dans le cadre de cette nouvelle approche, le HCR sera chargé de superviser la protection et l’hébergement des déplacés, mais aussi de coordonner et de gérer les camps de déplacés. Le HCR a déjà pris part à plus d’une trentaine d’opérations destinées à porter secours aux déplacés internes, notamment au Timor, au Kosovo, en Colombie, en Afghanistan, et, plus récemment, dans la région du Darfour, au Soudan. Actuellement, le HCR assiste environ 5,6 millions de personnes déplacées dans le monde.

Les programmes du HCR sont financés par des contributions volontaires, versées essentiellement par des gouvernements, mais également par des particuliers et des organisations privées. En outre, le HCR dispose d’une contribution limitée provenant du budget régulier des Nations Unies, soit environ 2% de son budget total, utilisés pour couvrir une partie de ses frais administratifs.

En 2005, le budget révisé du HCR, y compris les programmes supplémentaires, s’est élevé à 1,42 milliard de dollars. Les Etats-Unis (323 millions de dollars), le Japon (95 millions de dollars), la Commission européenne (86 millions de dollars) et la Suède (85 millions de dollars), sont au rang des principaux donateurs. Le budget 2006, y compris certains programmes supplémentaires en Afrique, s’élève à 1,22 milliard de dollars.

En janvier 2006, l’effectif du HCR s’élevait à 6 697 employés – y compris le personnel régulier et temporaire – déployés dans 261 bureaux opérant dans 117 pays, dont plus de 85% sur le terrain, souvent dans des endroits isolés et dangereux. Parmi les principaux programmes d’assistance du HCR en 2006 figurent des projets au Tchad/Darfour, en Afghanistan, au Libéria, dans les Grands Lacs, au Kenya, en Serbie-et-Monténégro et en Angola. En raison de la complexité croissante des crises humanitaires, le HCR a élargi le nombre et la diversité de ses partenaires, parmi lesquels figurent les agences des Nations Unies et quelque 645 organisations non gouvernementales.

Allocution de M. Cramer (Pdf | 31 Ko), Conseiller d'Etat en charge du département du territoire de la République et Canton de Genève, le 31 mai 2007, lors de la cérémonie de consécration du millésime 2007 dédié au UNHCR.

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